Petite histoire des origines des noms des quartiers lyonnais (et plus)

D’où viennent les noms des quartiers lyonnais ?

Pour les quartiers Confluence, Presqu’île, les Pentes… c’est facile de comprendre, mais parfois on s’interroge davantage… voici l’origine des noms de quelques quartiers lyonnais !

Une guillotine à la Guillotière ?

PAS DU TOUT. Aujourd’hui la Guillotière est un petit quartier du 7e arrondissement mais elle fut un vaste territoire lorsque elle était un ville indépendante (jusqu’en 1852) allant de la Tête d’Or à Gerland en passant par Montchat. Jusqu’en 1601 la Guillotière est même en dehors du royaume de France !

Ce nom est donné bien avant que la guillotine ne soit inventée. Elle n’était d’ailleurs pas installée à la Guille (bien qu’elle ait failli l’être) mais place des Terreaux. Le nom viendrait d’une maison ou d’une auberge appartenant au Sieur Guillot et par déformation, ce serait devenu la Guillotière.

Mais ça c’est de l’histoire ancienne. Le vrai débat actuel c’est : est-ce qu’on écrit la Guille ou la Guill’ ? Donnez-nous votre réponse en commentaire 🙂

La mouche… bzzzzzz… 👏 !

Nous avons ouï dire que certains nommaient ce quartier « le Mordor » pour son aspect reculé et incertain… mais ceux là se trompent ! La Mouche a une histoire qui rayonne jusqu’à Paris, et ce, dès le 19e siècle et bientôt il sera « the place to be » !

Le quartier ne tient pas son nom de cette petite bête ailée noir qui colle aux crottes de chiens semi-écrasées des trottoirs lyonnais. Non, la mouche c’est un mot lyonnais et dans notre patois, ça désigne tous les bras d’eau qui sortent du Rhône : les lônes ou les mouches ! Au sud de Lyon, sur la rive gauche du Rhône, elles étaient nombreuses les mouches ! Alors le quartier fut ainsi nommé.

L’immense fierté des Lyonnais (qui veulent toujours briller face aux Parisiens), c’est que les bateaux-mouches ont été inventés et longtemps fabriqués à Lyon dans ce quartier (d’où leur nom) ! Les Parisiens ont tout fait pour faire oublier cette origine lyonnaise de leurs bateaux pourtant si typiques en inventant un légendaire Jean-Baptiste Mouche qui en serait à l’origine. C’était bien trouvé question com et storytelling, mais les lyonnais sont bien déterminés à ne pas faire oublier leur place dans cette histoire !

Les Brotteaux, une histoire d’eau !

Puisqu’on est dans l’eau, les inondations, le Rhône, parlons un peu des Brotteaux. « Broteau » c’est ainsi qu’on nommait la végétation qui recouvrait les parties du territoire, tantôt sous l’eau, tantôt émergée. C’étaient des sortes de broussailles, arborées de saules et de peupliers avec des friches herbeuses au sol… Le bois récoltés sur ces terres était utilisé comme bois de chauffage ou pour les travaux de construction (notamment des ponts) mais il était aussi et surtout très utile aux vignerons ! Et oui, on a fait du vin à Lyon !

La Part-Dieu, terre religieuse ?

Non, vous reprendrez bien un peu d’histoire aquatique plutôt ?

Une première mention du nom est faite au tout début du 13e siècle. On écrivait alors “Pardeu” ce qui signifie “don de Dieu”. On raconte que ce nom aurait été donné à ces terres émergées car de ce fait elles sont épargnées des eaux et très fertiles. Grâce à cela, le lieu aurait été qualifié de don de Dieu.

Il est également probable que les terres aient appartenu à des religieux et que le nom soit tout simplement lié à cela… bref on ne sait pas trop, mais voilà ce qu’on en dit !

D’ailleurs on vous parle un peu de ça et de bien d’autres histoires dans notre visite Cymoche à la Part-Dieu ! Vous ne connaissez pas encore le concept des visites Cymoche ? Le voici.

Les visites Cymoche

La Croix-Rousse et la pierre dorée.

Imaginez un petit village indépendant et champêtre de l’autre côté du mur de rempart (qui était au niveau de l’actuel boulevard de la Croix-Rousse). Des petites maisons, des fermes, des auberges qui servent du vin moins cher que dans Lyon parce que les tenanciers n’ont pas eu à payer l’octroi (taxe d’entrée de la marchandise dans la ville), des voyageurs qui traversent le village chaque jour pour venir à Lyon ou en sortir et… une place centrale du village avec une croix en pierre dorée, donc un peu rousse… Voilà, vous savez tout !

Quand poindra le jour à Point du Jour.

En fait cet explication est très banale. C’est l’endroit où l’on voit poindre le jour. Le lieu où l’on voit apparaitre les premiers rayons du soleil qui se lèvent derrière la chaîne des Alpes. Tout simplement. Nous n’avons pas d’autres explications, mais celle-ci procure de belles images lumineuses, alors ne nous en privons pas… ☀

Image beaucoup moins douce… le point du jour était, semble-t-il, un lieu de ralliement à l’aurore pour les chasseurs. Ils chevauchaient ensuite vers l’ouest.

Prendre Monplaisir à Sans souci… 😏

Peut-être aurions-nous dû faire notre visite historique et coquine dans ce quartier ?

Il semblerait qu’au début du 19e siècle un certain Henri Vitton alors maire du faubourg indépendant de la Guillotière (si vous avez suivi le début de l’article, vous savez que la Guille était alors vaste) fait un projet de construction de maison de campagne à l’extrémité de ce qui était encore sur la commune de la Guillotière. Les noms auraient donc été choisis purement et simplement pour annoncer la douceur de vivre voulue dans ce projet urbain. Sans Souci pourrait être une référence au château de Potsdam (à côté de Berlin) qui porte le même nom.

Et si la station de métro s’appelle Monplaisir-Lumière c’est parce que la maison et l’usine des frères lumière se trouvait dans le quartier !

👇BONUS : Les noms demandés sur les réseaux sociaux👇

Grand Trou, une histoire obscure…

Il semblerait que le nom de ce quartier soit liée aux Vaudois. Les Vaudois était un ordre religieux créé par Jean Valdo, riche marchand lyonnais au 12e siècle. Jean Valdo avait rassemblé des adeptes autour de lui : les Vaudois. Il voulait vivre dans la pauvreté et la plupart des sources racontent qu’il avait divisé sa fortune en 4 pour la donner à sa femmes, ses filles, les pauvres et la dernière partie pour ceux qu’il avait lésé en affaires. Mais nous avons lu une toute autre histoire… Se revendiquant d’abord de la religion catholique les Vaudois sont ensuite persécutés et jugés hérétiques par l’Eglise.

Jean Valdo savait qu’il serait bientôt chassé de Lyon. Il avait alors fait construire toute une ville souterraine dans un grand trou qu’il avait creusé au-delà de Lyon (mais à proximité). Son objectif était de rassembler les Vaudois, d’y pratiquer leur culte loin des regards indiscrets et malveillants. L’ensemble des constructions étaient en bois et il n’en reste aujourd’hui plus rien. Seul l’autel était une plaque d’un très beau marbre coloré. C’était le seul élément précieux que Valdo avait gardé. Aujourd’hui le trou a été rebouché et la ville n’est plus depuis bien longtemps, mais personne n’a retrouvé ce précieux autel. D’aucun racontent qu’il serait encore là, quelque part sous un immeuble du quartier… Le nom Grand Trou lui est resté comme un témoignage de ces temps anciens.

Bon ok… on a tout inventé sur cette dernière explication mais il n’y a pas vraiment d’informations exploitables et captivantes… alors on a le droit, non ? 😇

Gorge de Loup, aouuuu ? 🐺

Avec un nom pareil on a tout de suite envie de raconter de vieilles histoires rurale qui font peur aux enfants, mais la réalité est tout autre. Dans le quartier Gorge de Loup il y a une rue qui porte le même nom. Et cette rue accueillait une propriété appelée « Gorge de Vacques ». Un beau jour (ou peut-être une nuit) la famille Loup acheta le domaine et le nom devînt « Gorge de Loup ». Voilà. C’est tout. Peut-être pourrez vous raconter cette histoire aux enfants lors de la prochaine veillé autour du feu. Ça les terrorisera moins !

Les Charpennes arborés.

Bien qu’une légende raconte que ce nom viendrait de la peine que les chars avaient à circuler autrefois lorsque les terres étaient marécageuse, nous avons une explication plus rationnelle… mais toujours en lien avec l’eau ! Charpet en patois du Dauphiné est un dérivé de charpe en ancien français qui signifie les charmes qui poussaient sur ces terrains humides et marécageux.

Pendant longtemps Villeurbanne faisait partie du Dauphiné. Vous avez déjà vu le blason de Villeurbanne ? Il porte cette information ! Si vous ne l’avez jamais vu, allez sur la place Lazare Goujon et observez l’hôtel de ville ! Ou alors, venez à notre visite théâtralisée des Gratte-ciel de Villeurbanne 🤗

Le Gros (petit ?) Caillou.

Quelqu’un nous a demandé pour “Le gros caillou” alors qu’il est petit. Déjà nous mettons cette personne au défi de porter ce petit caillou à la force de ses bras pour se rendre compte qu’il est pas si petit. Mais surtout nous préférons à une explication rationnelle, vous conter la légende du gros caillou !

      La légende du Gros Caillou

 

L’image utilisée en couverture de l’article est une « Carte de l’Ancienne Ville de Lyon. Cette carte représente la ville de Lyon comme elle estoit sous les règnes de nos Rois François ler et Henry II, elle fait voir les changemens qui sy sont fait depuis et donne des grands éclaircissemens pour l’histoire de ces temps-là Tardieu, Nicolas Henri (1674-1749). »
Source : gallica.bnf.fr / BnF 

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