Petite histoire de la peste
histoire de la peste et des quarantaines

En ces temps étranges de pandémie et de confinement, nous partageons avec vous nos recherches du moment. Ça tombe bien, on travaille sur l’histoire de la médecine, et l’histoire des maladies. Quand on parle d’histoire des maladies, la première à laquelle on pense c’est toujours “LA PESTE !”. D’ailleurs, il paraît que le roman de Camus est actuellement au top des ventes partout… c’est dire.

C’était quand la peste ?

L’histoire de la peste est très longue, mais pour résumer, elle a surgi à trois moments de l’histoire : au 6e siècle (la “Peste de Justinien”), au 14e siècle (la “peste Noire) et au début du 18e siècle.

La plus célèbre est la peste noire arrivée en Europe par bateau en 1348. La maladie a décimé entre un tiers et la moitié de la population européenne. Les séquelles de cette épidémie ont été profondes, tant sur le plan social, économique et démographique.

Lors de cette première grande vague de peste (1347-1351), la population européenne est prise de court. Personne n’a jamais vu cette maladie, on ne sait pas quoi faire, on ne réussit pas à fuir à temps, on meurt vite, on meurt beaucoup.

Pour en savoir plus sur la peste noire et toutes ses conséquences (sociales, politiques, etc) on vous recommande l’excellent compte twitter d’Actuel Moyen-Âge (@AgeMoyen) et en particulier ce fil passionnant :

Peste bubonique ou pulmonaire ?

La peste a deux formes principales, transmises de manière très différente.

La peste bubonique est transmise par les puces qui sautent des rats aux hommes. Les conditions d’hygiène du 14e siècle font que les puces et les rats sont nombreux, et attaquent vite. Cette peste là forme des “bubons” (sorte d’abcès noir énorme) au niveau de aisselles, de l’aine, du cou, là où se trouvent les ganglions lymphatiques. Après une très violente fièvre, des vomissements, et tout un tas d’autre symptômes atroces le malade meurt en 5 ou 6 jours environ.

La peste pulmonaire est une autre forme, transmise d’homme à homme. Si quelqu’un est touché par une puce et qu’il est infecté par la peste bubonique, lorsqu’il tousse, éternue, postillonne, il contamine d’autres personnes avec la peste pulmonaire. Cette deuxième forme de peste inclut une toux bien plus violente, et surtout, la mort survient en 3 jours.

On se soigne comment ?

Aujourd’hui, on peut soigner la peste avec des antibiotiques (car elle n’a pas été éradiquée). Mais en 1348, on ne connaît évidemment pas les antibiotiques. En fait, on ne sait même pas ce qui cause les maladies. Ce qu’on appelle communément le “microbe” ou virus, sera découvert bien plus tard (M. Yersin découvre le bacille de la peste en 1894).

Au Moyen-âge et à la Renaissance, on pense que la maladie se trouve dans l’air, on ne sait donc pas comment l’éviter ! Au début on se soigne avec des méthodes parfaitement farfelues qui, vous l’imaginez, n’auront aucun effet. Des plantes infusées dans du vinaigre, les bubons percés et frottés à l’oignon, du rubis ou de l’émeraude et même de la poudre d’araignée !

Mais peu à peu, on commence à éloigner les malades, et on remarque que c’est plutôt efficace. À Lyon, au 16e siècle, les malades de la peste sont envoyés dans le quartier de “Saint-Laurent des vignes” qu’on appelle aujourd’hui… quartier de la quarantaine, au sud de Saint-Georges. Le quartier est en dehors des murs de la ville, les malades vivent dans de petits cabanons en bois qui sont brûlés une fois l’épidémie passée.

Et les médecins, ils font quoi ?

Ils essayent de soigner les malades bien sûr ! Le problème, c’est qu’à cette époque, les médecins ont peu de connaissances empiriques. Ils n’ont pas le droit de toucher au sang, et l’autopsie est interdite. Leurs connaissances se basent sur les écrits antiques d’Aristote par exemple.

Au 17e siècle, les médecins qui pensent que la maladie flotte dans l’air portent des costumes de haute protection ! Long costume de cuir, bottes et gants, masque protégeant le visage avec yeux de cristal et un long bec rempli d’un mélange de plantes pour filtrer l’air. Ce costume les protégera plutôt bien puisqu’ils ne seront presque jamais en contact avec les postillons et les gouttelettes des malades !

Médecins de la peste

La peste et le corona

Cette histoire fait évidemment écho à la pandémie que nous traversons, et si la mortalité due au coronavirus reste infiniment plus faible que la peste, nous ne pouvons pas nier certains points communs.

Le confinement tout d’abord sera la première (et souvent unique) mesure prise pour lutter contre les épidémies de peste. En 1720, alors que la maladie décime la Provence, les échevins de Lyon appliquent des mesures drastiques de quarantaine à l’entrée de la ville. Ces mesures feront que la peste cette année-là ne touchera pas la ville de Lyon (rien à voir avec le voeu des échevins qui lui a eu lieu en 1643).

L’autre point commun, c’est la terreur que peut susciter une maladie nouvelle, inconnue, qu’on ne maîtrise pas.

Alors gardez votre sang-froid, restez chez-vous, et respectez les consignes de sécurité !

Grand merci à Violaine Pornon, médecin généraliste, qui nous a aidé à comprendre toutes ces maladies, la peste, le choléra, le corona, et tant d’autres. 

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