La légende de l’invention de la papillote à Lyon

Il était une fois, à Lyon, proche de la place des terreaux, un chocolatier du nom de Mr Papillot. L’histoire se passe au temps de la révolution française, à l’époque la fontaine Bartholdi n’existait pas, et le palais Saint-Pierre était sur le point de passer de statut de couvent à celui de bâtiment municipal.

Mr Papillot tenait une boutique célèbre, appréciée des lyonnais et les fêtes de Noël approchant, il s’était vu dans l’obligation de recruter un commis afin de préparer la dose de chocolats nécessaire pour satisfaire la gourmandise des lyonnais.

Le commis, jeune garçon sérieux, s’était mis au travail. Il ne s’arrêtait que lorsque la chocolaterie fermait ses portes, et travaillait tout le jour durant, sans s’arrêter. On ne pouvait imaginer plus consciencieux au travail.

Un beau jour, alors que notre jeune commis (l’histoire n’a malheureusement pas retenu son nom) travaillait il jeta machinalement un coup d’oeil vers la vitrine du magasin. C’était un hasard, heureux ou malheureux : à ce moment précis une jeune voisine passait devant la chocolaterie et venait de tourner son joli minois vers l’intérieur du magasin. Notre jeune commis n’avait désormais d’yeux que pour ce visage qu’il venait d’apercevoir l’espace d’une seconde. Il en était tout chamboulé.

Désormais, plus le temps passait et plus il lui était difficile de se concentrer sur son travail. Il n’y avait plus que le doux regard de la jeune voisine dans son esprit, il ne pouvait rien y faire.

Un soir, alors qu’il était le dernier à sortir de la chocolaterie, il se décida enfin à agir. Il ne pouvait plus rester dans cet état béat sans rien faire ! Alors discrètement, il chipa quelques chocolats confectionnés ce jour par le grand maître chocolatier Papillot, les enveloppa dans un petit papier de soie, et partit les déposer sur le palier de la jeune fille. Prit son courage à deux mains, sonna à la porte et s’enfuit en courant, imaginant avec délectation la jeune fille qui trouverait les chocolats sur le pas de sa porte et penserait immédiatement à lui ! C’était certain !

Le lendemain, il ne travaillait plus. Il passa la journée à guetter la vitrine du magasin, et il vit la belle passer sans se retourner. Il était sur le point de sombrer dans un désespoir sans fond lorsqu’il réalisa d’un coup : « Comment pouvait-elle savoir que c’était lui ? N’importe quel jeune homme pouvait lui acheter des chocolats quelque part ! »

Alors le soir même, il prit soin d’écrire un petit billet doux, d’enrouler le chocolat à l’intérieur, et de recommencer son petit manège… Le lendemain, c’était gagné ! La jeune fille était passée devant la vitrine, s’était arrêtée, avait fait un grand sourire, puis avait continué son chemin. Chaque jour qui passait, le commis guettait sa belle, rêvait et ne travaillait plus. Chaque soir, il volait des chocolats pour lui offrir des mots d’amour chocolatés.

Le temps passait et Mr Papillot voyait bien que quelque chose ne tournait pas rond dans sa chocolaterie. Ce commis qui était si sérieux, ne faisait plus rien ! Et les chocolats disparaissaient… Un soir, il fit mine de partir mais resta caché dans la chocolaterie. Ainsi, il découvrit le fin mot de l’histoire : c’était le commis qui volait des chocolats pour les offrir !


Cher lecteur, c’est une chance unique que nous t’offrons à cet instant de l’histoire : tu peux en choisir la fin !

  • Si tu es plutôt idéaliste, rêveur et si tu aimes les « happy endings », lis donc la première fin.
  • Si tu te sens plutôt réaliste, que tu penses qu’il faut accepter la brutalité de l’univers car le monde n’est pas juste, alors, la deuxième fin sera plutôt pour toi.

1. Heureuse fin de l’histoire

Mr Papillot s’apprêtait à passer une bonne correction à son commis lorsqu’il réalisa que c’était une idée en or qu’il avait eu là ! Les fêtes de Noël approchaient, il fit faire des centaines de petits papiers sur lesquels on avait fait imprimer de doux messages pour Noël, il les vendit dans sa chocolaterie sous le nom de Papillotes et ce fut un véritable succès.

La jeune fille qui avait séduit le commis n’était autre que sa nièce, il s’arrangea pour organiser l’heureux mariage entre les deux tourtereaux qui vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et mangèrent beaucoup de chocolat.

2. Triste fin de l’histoire

Furieux de voir son commis se moquer de lui ainsi, cesser le travail et lui voler ses chocolats, Mr Papillot s’empressa de le renvoyer. Cependant, il prit soin de reproduire son idée géniale, inventa la Papillote et devint riche et célèbre. On oublia tout du petit commis, jusqu’à son nom !…


Petite note :

Cher lecteur, on va pas te mentir, cette histoire a été quelque peu romancée.

Ce qui est sûr, c’est qu’un Mr Papillot était chocolatier à Lyon dans les années 1790 et qu’il a eu l’idée un jour d’envelopper ses chocolats dans des petits papiers avec des messages. Il les a nommés Papillotes. Le reste est surtout une légende…

Comments

reve
décembre 20, 2017
j'arrive ici parce que je cherchais cette histoire, merci à vous pour le choix multiple, et le chocolat qui coule, qui coule, chapeau bas, rêve
avril 19, 2018
[…] Tout chamboulé, il « emprunta » discrètement quelques chocolats qu’il enveloppa ensuite dans un petit papier de soie. Il partit ensuite les déposer sur le palier de la jeune fille. Source : Cybèle […]
décembre 29, 2018
décembre 29, 2018 Et moi jurassien je croyais que c était de chez nous. Ma mère ayant travaillé à Lyon en 1926 avait récupéré le nom qui n existait pas ailleurs ( même à la capitale )

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