La petite histoire des rues d’Ainay

Ainay, c’est où exactement ? On peut dire grosso-modo entre Bellecour et Perrache. Mais à quel moment sort-on d’Ainay pour arriver dans le quartier de Perrache ou de Bellecour ? Grande question à laquelle nous ne répondrons pas. Désolé !

C’est un quartier qui nous tient à coeur, parce que depuis octobre dernier, c’est notre quartier, et on l’aime beaucoup. Nous avons voulu nous intéresser à l’histoire de ses rues, mais manque de bol, ce n’est ni très varié, ni très original. Heureusement, nous avons quand même trouvé quelques histoires insolites à vous raconter.

Ainay s’appelle ainsi à cause de l’immense Abbaye d’Ainay qui occupait une bonne partie du quartier. Cette Abbaye était richissime, puissante, c’est là que logeaient les Rois lors de leur venue à Lyon, bref, nous sommes bel et bien au coeur de l’Église et de la Royauté. Et vous allez voir, ça a quelque peu marqué le quartier.

La royauté

Nombre de rues du quartier furent percées pendant la restauration (le retour de la monarchie entre 1815 et 1830) On peut noter un souvenir ému de cette période dans ce quartier…

La rue D’Enghien porte le nom d’une illustre maison de la noblesse française qui donna naissance aux Bourbons, aux Condés, et à Henri IV (entre autres…).

La rue de Condé s’est d’abord appelée “Rue du peuple” (haha). Puis, elle devient “Rue de condé” au moment de la restauration, et non pas “Rue des condés” comme on peut le voir écrit à l’angle de la rue Vaubecour. 🙂

La rue Henri IV ne nous dit pas que Henri IV est passé par ici, ne nous parle pas non plus d’un événement précis. Elle nous dit juste qu’ici, on aimait bien le bon Roi Henri.

Enfin, la rue Franklin avant de porter le nom du célèbre homme politique Benjamin Franklin s’est appelée “Rue de la Reine”.

Les références à l’abbaye d’Ainay

Il y a d’abord les rues qui portent les noms d’anciens abbés d’Ainay : Vaubecour (c’est chez nous !), Jarente, Auvergne (rien à voir avec la belle région notre voisine. Il s’agit de l’Abbé qui était également Cardinal de la Tour d’Auvergne).

Il y a aussi la rue des remparts d’Ainay qui porte bien son nom puisqu’elle est construite sur l’emplacement des anciens remparts de l’Abbaye. La place d’Ainay, la rue de l’abbaye d’Ainay, bref. Vous avez compris.

Les grands hommes célèbres

Auguste Comte, Victor Hugo, Sadi Carnot, nous n’allons pas nous étendre sur la question parce que les rues n’ont pas été nommées ainsi en raison de leur venue. Simplement en raison de leur célébrité et pour honorer leur mémoire.

Les vraies histoires à vous raconter

Rue Bourgelat

Claude Bourgelat est un scientifique du 18e siècle. Il commence sa carrière comme écuyer du Roi sous le règne de Louis XV puis il ouvre la toute première école vétérinaire en France. Lyon se targue donc d’avoir accueilli la toute première école vétérinaire royale mais c’est une erreur ! Le bâtiment qui accueillait l’école se trouvait à la Guillotière qui n’appartenait pas à Lyon à cette époque ! C’est donc le faubourg de la Guillotière qui a réellement accueilli la toute première école vétérinaire royale, avant qu’elle ne soit déplacée dans l’actuel bâtiment du CNSMD 30 ans après son ouverture.

Claude Bourgelat figure sur la fresque des lyonnais.

Claude Bourgelat est en costume bleu avec une selle de cheval posée sur le balcon.

Rue Guynemer, Rue François Dauphin

La rue Guynemer s’appelait autrefois la rue Sainte-Claire, patronne de l’ordre religieux des Clarisses. C’est à l’emplacement de cette rue que l’on trouvait un jeu de paume qui au milieu du 17e siècle devint le couvent des soeurs Clarisses.

En 1536, Le Roi François 1er vint séjourner à Lyon accompagné de son fils le dauphin François. C’était au mois d’août, il faisait très chaud. Le dauphin voulut faire une partie de jeu de paume et son échanson, le comte de Montecuculi lui servit un verre d’eau glacée pour le rafraîchir après sa partie. Quelques jours plus tard, alors que la cour avait repris sa route vers le sud, le jeune Dauphin mourut dans de terribles souffrances à l’âge de 19 ans. On fit alors condamner le pauvre comte de Montecuculi en l’accusant d’empoisonnement. Les historiens aujourd’hui pensent plutôt que le futur Roi serait mort d’une pleurésie…

Rue Mazard

Étienne Mazard est un chapelier du 17e siècle devenu fort célèbre pour deux raisons. D’abord, il fut le premier en France à confectionner des chapeaux en utilisant de la peau de castor au lieu de la laine (oui, oui). Il semblerait que cette découverte (faite en Angleterre) fut une véritable révolution car il fut souvent mentionné pour cela dans l’histoire !

Étienne Mazard fit également un don à sa mort d’une somme d’argent assez considérable (le chapeau en peau de castor marchait donc bien !) pour aider “33 filles pauvres de Lyon”. L’argent fut donné à l’hôpital de la Charité, chargé de respecter son testament.

Désormais, vous savez également d’où vient le nom de la rue de la Charité : de l’immense hôpital qui se trouvait à son extrémité, là où se trouve aujourd’hui la poste et la place Antonin Poncet !

Comme le dit très bien un certain Kangourou : “Quand on est bien né, on est né à Ainay.

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