Cybèle et le coronavirus #2 😷

On hésite à commencer ce billet par de longs soupirs désespérés – et quelque peu désespérant – ou bien un “hop on va se retrousser les manches” – et légèrement hors-sol…

Chez Cybèle nous sommes trois petits patrons : Lucille, Olivier et Clémence. “Entrepreneurs” ça nous va aussi. On aime bien se nommer “artisans” (on fabrique nos visites de A à Z, on les mène, on les vend, bref on fait tout). Pour l’URSSAF nous sommes des “travailleurs indépendants” (nous sommes des associé-e-s co-gérant-e-s majoritaires de la SARL, pour celles et ceux qui aiment la précision). Notre métier, en plus d’écrire et de mener nos visites théâtralisées, c’est de diriger la boîte : de prévoir.

Et là, en ce moment, prévoir… heu comment dire ? On hésite entre devenir Madame Irma ou lire dans les entrailles de poulet.

Bref. C’est une situation inédite et, mise à part la quasi-certitude qu’elle va durer encore un bon moment, on a vraiment du mal à voir venir.

Anticiper le pire

On imaginait bien sûr des scénarios catastrophes qui feraient chuter notre activité. Depuis 2015, on craignait un attentat devant la cathédrale Saint Jean par exemple. On avait déjà un peu flippé lors de l’explosion d’une bombe rue Victor Hugo l’an passé. Mais là ! un confinement de plusieurs semaines, une distanciation sociale et se séparer d’au moins un mètre dans la rue, porter un masque… (oui on avoue l’arrêt de la bise ne nous soucie guère ces jours-ci). Le printemps, la période la plus importante pour nous, est déjà annulée, notamment avec les annulations des scolaires que nous accueillons nombreux d’habitude.

Nos finances

Je vous disais que nous sommes trois petits patrons. C’est-à-dire que notre revenu est directement lié à l’activité.

Quand vous nous achetez un ticket pour une visite, on en reverse déjà 20% de TVA au fisc. Sur les 80% restants, on paie d’abord le proprio, le banquier, le comptable, l’assureur, l’hébergeur du site internet, l’imprimeur, la conseillère marketing, le photographe, le webmaster… Puis nos salariées, net et cotisations sociales. Puis nous enfin, net et cotisations sociales aussi.

Bon an mal an, on réussit (on réussissait ?) à se verser 1.400€ net de salaire mensuel chacun, parfois avec un treizième mois voire un quatorzième. Nous faisons donc partie des 50% de Français-e-s qui gagnent le moins (le salaire médian est autour de 1.800€ net). Et autant vous dire qu’avec ce revenu on en consomme une bonne partie (oui nous avouons à titre individuel être davantage cigales que fourmis) et on consomme surtout local. Et non, nous n’avons aucun compte caché aux Bahamas fraudant les impôts et vous ne verrez jamais le nom de Cybèle accusé dans Cash Investigation.

Des aides ?

Bref (à nouveau). Face à la crise provoquée par le Covid-19, il y a bien des aides… Mais la plupart de ces aides sont des reports d’échéance (URSSAF, loyer, etc.). Un peu d’aide sans contrepartie : par exemple 1.500€ en une seule et unique fois ! Alors que nos charges fixes réduites au minimum sont de 2.500€ … chaque mois ! Donc les aides ne suffiront évidemment pas, il va nous falloir faire un prêt. Deux peut-être. On réfléchit et on négocie. Mais c’est de l’argent qu’il va falloir rendre.

Il y a aussi le chômage partiel pour Laurie et Laetitia, nos deux salariées. Pour éviter de licencier, on continue de verser un salaire aux salariées, quasi sans cotisations sociales, et une part importante de cette somme nous est reversée par l’Etat le mois suivant. Mais c’est repousser le problème plus loin : l’activité ne reprendra pas d’un coup comme avant, le risque du licenciement est très grand.

Quant à nous trois, nous ne sommes pas salariés, il n’y a pas d’aide. Nous ne nous sommes pas versés de salaire depuis mars (et nous ne sommes pas les seuls dans ce cas bien sûr).

N.B. (ajouté à l’article le 08/05) Suite à des annonces du Gouvernement, nous sommes en droit de toucher l’aide de l’Etat de 1.500€ en mars et en avril, mais ce n’est pas encore certain pour mai. Cette aide ouvre droit à une aide de la Métropole de 1.000€ pour mars et 1.000€ pour avril. Nous avons également déposé une demande d’aide unique à la Région de 5.000€. Le cumul de ces aides (10.000€) devrait réussir à couvrir seulement les charges fixes hors salaires de mi-mars à mi-juillet, en espérant que l’activité reprenne de façon suffisamment soutenue pour assurer nos salaires.

Et la suite ?

Voilà. J’ai poussé mes longs soupirs désespérés. Maintenant, on se retrousse les manches !

Depuis le début du confinement, notre première crainte, c’était de perdre le contact avec vous. Que vous nous oubliez. Alors qu’on a mis 7 ans à tisser patiemment ce lien de fidélité avec vous, public lyonnais.

On a communiqué, on a inventé des nouveaux petits formats, nos histoires contées du calendrier de confinement, des nouveaux articles de blog (à lire et à cuisiner), des tests de visites en visio-conférence. Et vous nous le rendez bien ! Vos commentaires sur les réseaux sociaux, vos commentaires sur notre site, vos mails, vos réponses aux newsletter nous font vraiment chaud au coeur.

Merci 🙂

Malheureusement nos proprios (nous sommes locataires tous les trois) et nos marchands de légumes on refusé qu’on les paie avec toute cette chaleur humaine. Ils nous demandent de l’argent !

Bref (ter). On a besoin de tréso à Cybèle. Nous vous proposons depuis plusieurs semaines un bon cadeau “soutien” d’une valeur de 60€ : avec, vous pourrez réserver n’importe quelle visite, en billetterie individuelle ou en visite privatisée.

Bon cadeau de soutien

Nous imaginons bien que vous aussi vous avez du mal à prévoir. Ce bon cadeau “soutien” est valable 2 ans ! Pour vous ou à offrir. Voyez plus loin que la crise sanitaire. Imaginez vos loisirs à venir. Soutenez des artisans lyonnais et le tourisme local.

On a des visites insolites pour tous : prenez de l’avance sur des anniversaires à venir, sur vos cadeaux de Noël 2020, sur des départs en retraite, sur vos sorties entre potes, avec vos petits-enfants, avec votre chéri-e : achetez-nous un bon cadeau.

On vous a déjà dit merci ?

Bon cadeau de soutien

A très vite dans les rues de Lyon.

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