Les barres de Zumbrunnen 🏙

Jeudi 10 décembre 2020

Pendant le confinement, chaque jour une chanson ou une histoire ! Aujourd’hui, nous parlons des barres d’habitation de la Part-Dieu, les barres de Zumbrunnen.

Merci à Marie et Étienne, habitants des barres pour leur participation.

      Les barres de Zumbrunnen

👉 Pour nous soutenir : achetez un bon cadeau pour une visite insolite de Lyon !


Si vous êtes déjà passé du côté de la Part-Dieu, vous avez forcément déjà vu les barres de Zumbrunnen. Ce sont 4 grandes barres d’habitation surnommées ainsi d’après leur architecte, Jean Zumbrunnen. Mais lorsque l’on parle de ces barres, on les nomme plutôt par leur adresse. La résidence Moncey, la résidence Desaix, et la résidence Dulac.

La résidence Desaix est la première à voir le jour en 1962, perpendiculaire au boulevard Vivier Merle. Juste après, les deux barres du quartier “Moncey Nord” voient le jour en 1965, entre les rues Lafayette et la rue de Bonnel. Enfin, la quatrième et dernière ouvre au milieu des années 70 dans la rue Dulac.

L’architecte reprend les principes d’architecture du Corbusier que sont l’unité d’habitation, les toits-terrasses, les pilotis. Cependant, il dessine une architecture plus sobre, sans couleurs. Il met cependant l’accent sur des bétons de grande qualité, et de longues lignes et perspectives dessinées sur les coursives, les alignements de loggias.

Toutes ont 14 étages, sont composées de 5 entrées, avec 4 appartements par palier soit un total d’environ 280 appartements par barre. Elles font partie du vaste programme de développement du quartier de la Part-Dieu voulu par le maire de l’époque Louis Pradel. Mais interrogeons un passant du quartier afin de connaître son avis sur ces barres d’habitation.

“Les barres de Zumbrunnen, cette horreur au milieu de la ville ! Du gris, du béton, des barres immenses qui bloquent la vue. Le courant architectural s’appelle le BRUTALISME ça veut tout dire hein. Vous savez qui d’autre se revendiquait du brutalisme à Lyon ? René Gagès. L’architecte du centre d’échange de Perrache. Vous trouvez que c’est une bonne référence ça ?
Franchement ces barres, c’est une horreur. Et puis ne parlons pas du projet urbanistique complètement raté. On voulait les connecter au quartier par des dalles à 4m de hauteur, le truc que plus personne ne veut aujourd’hui. Heureusement ça n’a jamais eu lieu. Mais l’architecte était quand même dingue au point d’avoir failli tout plaquer quand il a su que son projet de dalle n’aurait pas lieu. Ceci dit maintenant c’est encore pire ! Comme les barres n’ont pas été connectées au reste du quartier, elles sont complètement séparées des autres bâtiments.
Non franchement, quel échec. Quelle horreur. Quelle honte pour notre si jolie ville de Lyon !”

Ah. Bon. Et si nous interrogions maintenant des habitants de ces barres d’habitation ?

“Une artiste disait : “Habiter les barres zoom, c’est habiter la lumière”. C’est exactement ce que l’on ressent quand on vit ici. La hauteur nous coupe de tout vis à vis. La lumière pénètre pleinement par les grandes portes vitrées dans toutes les pièces. Notre appartement, comme tous les autres, est traversant et chaque pièce est bordée d’une loggia. On peut profiter de l’extérieur à tout moment, même lorsqu’il pleut. C’est le principe d’une loggia d’être couvert…
Et surtout, on a la chance de pouvoir admirer la vue au loin chaque jour. Certains ont critiqué nos appartements en les traitant de “cages à lapins”. Mais ce qu’on ressent de l’intérieur c’est exactement l’inverse. On voit Fourvière, et le coucher de soleil chaque soir. On profite du soleil toute la journée, le matin dans le salon et la cuisine, le soir dans la chambre.
Et puis, il y a une vie de communauté ici. Il y a plus de 50 ans naissait l’association ARMONORD : Association des Résidents de Moncey Nord. Aujourd’hui, il y des groupes facebook qui rassemblent tous les habitants de la barre. On est très nombreux, mais on a sans doute bien plus de possibilités d’échanger avec nos voisins que bien des citadins.
Pour rien au monde nous n’irions vivre ailleurs…”

Retrouvez toutes nos « Histoires et Gognandises Lyonnaises » sur notre calendrier de confinement, ou en podcast : Spotify, Deezer, Apple Podcasts, Soundcloud.

Comments

Laisser un commentaire