Le mystère des arêtes de poisson 🐟

Vendredi 17 avril 2020

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      Le mystère des arêtes de poisson

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Nombreux sont ceux qui à Lyon cherchent l’entrée des catacombes, des souterrains, des tunnels et passages secrets. Beaucoup de mythes, de légendes urbaines circulent sur ces lieux.

Les souterrains les plus célèbres et à la fois les plus mystérieux de Lyon sont les arêtes de poisson. Bien peu savent véritablement où se trouvent les entrées, et surtout ce que sont réellement ces arêtes de poisson.

Tout d’abord, les arêtes de poisson ne sont pas des catacombes. Il n’y a pas de catacombes à Lyon.

Les arêtes de poisson sont un mystérieux réseau de galeries souterraines situées sur la partie est de la colline de la Croix-Rousse. Elles sont organisées avec une arête centrale, d’où partent 32 galeries perpendiculaires organisées par paires. Chaque arête fait exactement la même hauteur, largeur et profondeur. Les murs sont en pierre de taille, avec une très légère voute de belle facture.

Les arêtes ont été redécouvertes dans les années en 1959, par hasard. Des ouvriers de la voirie perçaient un trou à l’angle de la rue grognard et de la rue des fantasques et ils tombent sur un puits de plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Rapidement étudiées par Amable Audin, célèbre archéologue lyonnais de la deuxième moitié du 20e siècle, elles ont été longtemps squattées, puis fermées par les services municipaux.

De nombreux cataphiles militent pour l’ouverture et l’étude approfondie de ces souterrains.

Mais, que sait-on vraiment de ces souterrains ? Quand ont-ils été construits et pour quelle raison ? Deux personnes ont tenté de répondre à ces question.

Walid Nazim est un passionné d’histoire qui s’est intéressé aux arêtes de poisson, au point de publier un livre sur leur origine. Pour lui, les souterrains auraient été construits au moyen-âge pour y cacher le trésor ramené de Jérusalem par les templiers, ou d’autres trésors servant à financer le célèbre ordre du temple, ordre monastique de moines-chevaliers créé pour protéger les routes des croisades.

Cependant, cette théorie est contestée par Djamila Fellague, maîtresse de conférences en histoire de l’art antique à l’université de Grenoble et spécialiste de l’histoire antique de Lyon.
Lorsque la ville de Lugdunum (c’est ainsi que l’on nommait Lyon pendant l’empire romain) a été fondée, elle est rapidement devenue un centre administratif, économique, politique pour toutes les régions gauloises conquises par l’empire Romain. On constate à Lugdunum la présence de nombreuses administrations fiscales, un important atelier de frappes monétaires, ainsi qu’une cohorte urbaine, unité militaire d’exception, présente dans 3 villes de l’empire seulement : Rome, Carthage, et Lyon. Les arêtes de poisson auraient sans doute été construites pour conserver le trésor des administrations fiscales et de l’atelier monétaire, gardés par la cohorte urbaine.

Impossible aujourd’hui de départager ces deux théories, fautes de preuves tangibles. Les souterrains restent un grand mystère, et il est impossible de savoir précisément à quelle époque ils furent construits.

Ceux qui décidèrent autrefois d’enterrer un secret dans ces arêtes de poisson, auraient-ils pu imaginer que des siècles plus tard, le mystère serait encore complet ?…


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