La Saône 💧

Dimanche 10 mai 2020

Pendant le confinement, chaque jour une chanson ou une histoire ! En ce dernier jour de confinement, un dernier épisode plus méditatif sur la Saône…

Nous avons repris les visites, retrouvez nos histoires en direct, dans les rues de Lyon !

      La Saône

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Depuis quelques années, il y a une statue sur les quais de Saône, en face du palais de Justice, à côté de la passerelle.

C’est une statue immense de 3 mètres de haut. Un homme, fort costaud et tout nu porte dans ses bras un autre homme, fort costaud et tout nu lui aussi, alangui.

On peut d’abord penser à une évocation homosexuelle. Puis la statue surplombant la Saône, on se dit que c’est un sauveur qui sauve un homme de la noyade. Mais qu’allaient-ils donc faire tout nus ces deux hommes en bord de Saône. On pense à nouveau à une histoire homosexuelle. On cherche aussi dans sa mémoire des anecdotes sur le nudisme à Lyon. Mais le nudisme lyonnais c’est au grand large, à Miribel, c’est le Rhône, pas la Saône !

Puis on se dit que cette statue est plus ou moins d’un genre néo classique rappelant du grec antique. Alors on cherche dans ses souvenirs de noyés dans la mythologie grecque. On pense à Narcisse.

Tient ! d’ailleurs l’homme noyé ressemble beaucoup à l’homme qui le sauve. Oui ils ont le même corps, le même visage ! C’est Narcisse noyé dans les eaux de la Saône. Mais notre souvenir de lycée nous dit que Narcisse ne se sauve pas il meurt.

Puis, discrète, sur le côté de la statue on voit une plaque. Ah ! la réponse ! Là on lit que cette homme qui se sauve lui-même est un “anti-héros [qui] fait écho aux questions de responsabilités débattues au Palais de Justice et invite à la réflexion”.

Bon… voilà voilà…

A défaut de réflexion, je vous propose un éloge de la Saône, un poème de mon écriture sur une musique de Assurancetourix.

Saône, Saône, des Vosges tu descends…
(heu il me manque deux pieds… je reprends)
Sa-ône, Sa-ône, des Vosges tu descends
Depui-is Vi-o-ménil parfois enneigé
Tu as glissé des pentes de ton cours si lent
Et longeant le Jura, au loin ensoleillé.
Il te faisait grossir à la fonte des neiges.
Mais le Doubs t’engrosse sans cesse davantage :
Te voilà dans le Maconnais au goût de liège
Comme une danseuse qui fait de l’effeuillage
En caressant les vignobles : quel sacrilège.
Entre les collines de Croix-Rousse et Fourvière
Dans la cité entrant épuisée et lascive,
De chaque côté : des ports, comme des hallebardiers (heu hallebardières)
Ton eau aux platières permet les lessives.
C’est l’heure des épousailles avec le Rhône.
Au confluent ils te pleurent les petits gones.

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