La radiologie 🦴

Jeudi 7 mai 2020

Pendant le confinement, chaque jour une chanson ou une histoire ! Saviez-vous que la radiologie français a commencé à Lyon ? Dans la « boutique » du Dr Étienne Destot…

      La radiologie

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En 1896, deux mois seulement après la découverte des Rayons X, Etienne Destot installa dans une petite boutique de l’Hôtel-Dieu le tout premier cabinet de radiologie en France. Grâce au concours des Frères Lumières qui l’aidèrent à trouver le matériel, Étienne Destot fit des milliers de radiographies de patients lyonnais. La médecine allait connaître une véritable révolution. Mais écoutons le témoignage de cet homme, l’un des premiers à avoir été radiographié.

“ Bonjour, je m’appelle Eugène Meunier. Je vis à la Guillotière, et je suis fleuriste. En ce moment, on voit que le progrès technique ne s’arrête plus ! On a découvert les images en mouvement du cinématographe il y a tout juste quelques années. Pfiou… le cinématographe, j’y suis allé une fois, à la vogue. Ça me donne des frissons rien que d’y penser !
Mais surtout, depuis quelques mois, tout le monde ne parle plus que d’une chose : la radiographie. Il paraît que des docteurs sont capables de prendre des photos de l’intérieur de votre corps. Incroyable non ? Ils appellent ça les Rayons X, c’est assez mystérieux. Du coup, tout le monde se demande : que peut-on bien voir à l’intérieur du corps humain ? Les boyaux ? Les os ? Les émotions ? Je dois vous dire que lorsque cette idée m’a traversé l’esprit, je n’étais pas rassuré à l’idée qu’on aille fouiller dans mes pensées.

Un jour, je marchais sur la grande rue de la Guillotière pour aller jusqu’à ma boutique, et j’ai entendu quelqu’un assis à la terrasse d’un café qui lisait le journal.
“Outre l’intérêt scientifique que présentent ces expériences, les spectateurs s’amusent beaucoup à constater l’indiscrétion de ces rayons X qui traversent tous les corps, même les plus opaques, et révèlent ainsi le contenu de toute chose.”

J’ai pensé que si un jour on me demandait de faire une radiographie, je ne pourrai plus cacher à personne que je suis secrètement amoureux de ma voisine… J’étais plongé dans mes pensées quand soudain PAF !!! Je n’avais pas vu un poteau juste devant moi, je venais de le heurter si violemment que j’en eus le souffle coupé. Puis je commençais à sentir une violente douleur dans la poitrine.

Deux semaines plus tard, la douleur n’avait toujours pas disparu et mon médecin m’annonça : “Monsieur Meunier, je pense que vous vous êtes fracturé une côte. Mais pour en être certain, j’aimerais vous envoyer faire une radiographie dans la boutique du Dr Destot.”
Voilà. C’était la fatalité. J’allais me faire photographier les intérieurs, et on découvrirait que j’étais amoureux. Je voulais garder mon secret alors j’essayais de protester mais le médecin était formel. “Monsieur Meunier, ne faites pas l’enfant. Vous devez aller faire cette radiographie pour que nous soyons certains que ce n’est pas plus grave.”

Je me rendis donc à l’heure du RDV dans la boutique du Dr Destot. Une assistant m’accueillit, et me fit entrer dans la salle.
Une curieuse machine prenait toute la place. Une table en bois, et à côté, une sorte de tableau avec des dizaines de boutons, des cadrans, des fils branchés, des tubes, des ampoules, et d’autres choses que je n’avais jamais vu de ma vie.

Pendant toute la séance, j’essayai de comprendre ce que ce médecin allait faire, j’étais terrorisé par ce que j’allais découvrir sur cette radiographie ! Qu’on découvre que j’étais amoureux passe encore, mais je ne voulais pas que l’identité de ma voisine soit révélée sur la photo.

Lorsque le docteur eut terminé, je m’avançait tout tremblotant, il me dit “ne craignez rien Mr Meunier, ce n’est pas si grave que cela. Juste une côte cassée. Regardez !”
À ma grande stupeur, il ne me parla de rien d’autre que de mes os. On voyait bien la fracture sur la radiographie. Je passais quelques longues minutes à scruter le cliché pour être certain qu’on ne voyait que cela…

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