La légende de la dame blanche de la Croix-Rousse 👻

Mardi 24 mars 2020

Pendant le confinement, chaque jour une chanson ou une histoire !

      La dame Blanche

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Notre histoire se passe en 1840. Du temps où, à l’emplacement de l’actuel boulevard de la Croix-Rousse s’érigeait un haut mur de rempart qui séparait Lyon du petit village indépendant et bucolique de la Croix-Rousse.

Au sommet de ce rempart, chaque jour et chaque nuit les soldats, les sentinelles, surveillaient les alentours. Ils faisaient la ronde.

Un jour, un jeune soldat terrorisé rentra à la caserne au beau milieu de la nuit. Il était à bout de souffle, son teint était livide. Il venait de voir la dame blanche de la Croix-Rousse. Ses collègues soldats étaient dubitatifs, eux aussi en début de carrière avaient eu quelques frayeurs. Affolé le jeune soldat décrivit cette femme tout de blanc vêtue, portant dans ses mains une coupe remplie d’eau. En la voyant il avait dégainé son arme et s’était adressé à elle la voix tremblotante : « Qui vive ! » la dame en blanc, tel un spectre, disparut instantanément.

Quelques temps plus tard, à nouveau, la dame Blanche apparut au même soldat. Cette fois elle tenait une torche enflammée. « Qui vive ! » cria-t-il avec plus de d’assurance. La dame Blanche s’évapora.
Le soldat rentra raconter à ses collègues sentinelles. On pouvait lire la panique dans le regard du soldat et tous commençaient à s’interroger. Il cherchaient une explication. En vain.

Puis à nouveau le jeune soldat interpelât la dame : « Qui vive » ! Cette fois, le pain qu’elle portait dans le creux de sa main tomba au sol à sa disparition… Il rapporta la miche de pain aux soldats. Ils étaient stupéfaits.

L’eau, pour la Saône, la torche pour la lumière, le pain pour la nourriture… cette femme devait être une apparition de la déesse Cybèle, grande déesse antique, déesse mère, déesse nourricière dont le culte rituel était lié à la Saône… Les soldats en étaient maintenant persuadés : c’était elle, Cybèle, mécontente d’avoir été chassée de la colline de Fourvière par la vierge Marie, elle venait rôder sur la colline de la Croix-Rousse. Cette déesse surpuissante effrayait les soldats.

La dame blanche fit bientôt sa quatrième apparition, munie d’un glaive flamboyant. Le soldat menaça cette fois de faire feu mais la dame Blanche pris la parole d’une voix « lugubre et solennelle » :

— Quand je suis passée près de toi avec une coupe pleine d’eau, c’était l’inondation et tous ses désastres ; tu vois… La torche signifiait la peste ; le pain, la famine, et ce glaive, c’est la guerre. Malheur, malheur, malheur à vous tous !

Fort heureusement, cette malédiction ne semble pas s’être abattue sur la ville.
Quand à cette femme, plus personne ne la vit réapparaître. A-t-elle définitivement disparu, se fait-elle plus discrète ? Nul ne sait…

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