Cybèle, la grande mère des Dieux [épisode #100] 💯

Dimanche 13 décembre 2020

Pendant le confinement, chaque jour une chanson ou une histoire ! Aujourd’hui, à l’occasion de notre 100e épisode, nous sommes entrés en communication solennelle avec la grande déesse Cybèle !

      Cybèle, la grande mère des dieux

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Humbles habitants de la cité de Lugdunum : prosternez-vous ! Je suis Cybèle, la grande mère des Dieux !

Je suis née au 7e siècle avant votre ère, en Turquie, d’un roi et d’une déesse. Mes parents m’abandonnent à ma naissance, je suis nourrie par les bêtes et recueillie par une bergère. Je suis terriblement intelligente et belle, j’ai inventé des instruments de musique, je sais parler aux animaux et guérir les enfants. Je deviens la mère des Dieux.

Ma vie a pris un tournant dramatique, le jour où je suis tombée amoureuse d’un jeune et beau berger, Attis. Il promet de m’être toujours fidèle mais il me trompe avec une nymphe.
Alors, dans une colère noire, je détruis la Nymphe. Attis devient fou et dans sa folie, il prend une pierre pour s’auto-émasculer en proférant « que périssent les parties qui m’ont fait tort! »

J’ai dû d’abord le laisser sans sépulture au pied d’un arbre. C’était un pin. Puis, de désespoir, j’ai demandé à Zeus qu’il revive. Zeus m’a seulement accordé que son corps ne pourrisse jamais.

Mon histoire née en Phrygie il y a très longtemps a voyagé et s’est transmise grâce aux étrangers, aux esclaves ou aux soldats revenants d’expéditions militaires lointaines.

J’ai fini par arriver à Rome à la fin du 3e siècle avant votre ère. Alors que Rome est en guerre, un oracle annonce que pour rétablir l’ordre, il faut envoyer le jeune homme le plus vertueux de Rome, accompagné de Matrones, pour aller chercher la pierre qui représente la Grande Mère des Dieux à Pessinonte, en actuelle Turquie.

Je suis donc arrivée à Rome pour régler un problème très pratique. Mais je n’arrive pas seule à Rome. J’arrive avec tous mes prêtres. Pour ressembler à Attis et pour me plaire, ils se sont eux aussi auto-émasculés au cours des célébrations données en mon honneur.
Mes prêtres fascinent et dégoûtent les romains.
Mais je sais que mon pouvoir d’attraction est irrésistible, et peu à peu, les romains sont de plus en plus attirés par mon culte, alors qu’il est pourtant interdit !

On me célèbre au printemps, au moment du renouveau. Je suis la grande déesse mère, pourvoyeuse et nourricière.

Plus tard, je serai emmenée dans toutes les villes de l’Empire. Les anciennes villes gauloises sont très accueillantes avec moi. Les celtes avaient eux aussi leur mère des Dieux.

À Lugdunum, voici comment se passe mon rituel :
Tout commence avec un sacrifice de Taureau, le sacrifice le plus élevé que l’on puisse offrir à une divinité. Je n’accepte rien de moins. Puis mes prêtres gravissent la colline en transportant sur leurs épaules le tronc d’un pin en souvenir de mon jeune amant Attis.
Vient ensuite le jour de la castration des prêtres qui reproduisent les gestes d’Attis dans un délire de fumigations, alcool, vacarme, cris…
Enfin, vient l’étape finale, celle de la purification de ma statue par un bain dans la Saône. Ainsi, mes fidèles rétablissent l’ordre cosmique qui a été dérangé en particulier par les festivités de la veille. Ils en profitent pour me supplier de leur envoyer de bonnes cultures, une cité prospère, des familles en bonne santé.

À Lugdunum, un temple m’était dédié, mais personne ne l’a jamais retrouvé.

Progressivement, j’ai vu mon histoire se transformer. Depuis ma Turquie natale au 7e siècle avant votre ère, jusqu’aux 2e et 3e siècles, on en a raconté des choses sur moi. À la fin, on commence à dire que Zeus accepte de ressusciter Attis au bout du 3e jour ! On raconte aussi que je serais la mère d’Attis, et que je l’aurais conçu de façon virginale et miraculeuse… Ça vous rappelle peut-être une autre histoire, mais ce n’est pas la mienne.

Je suis Cybèle. Je suis la grande Mère des Dieux.

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