Anecdotes à raconter sur Lyon

Dans la série : avoir de la conversation et des choses à dire quand on emmène ses copains se balader à Lyon…  Voici quelques anecdotes et quelques lieux insolites à faire découvrir lorsque vous partez vous promener avec vos amis non-lyonnais et leur montrer les merveilles de notre belle capitale des Gaules.

Théâtre des Célestins : il tient son nom de l’ancien couvent des Célestins à l’emplacement duquel il a été construit. Entre 2005 et 2007, le théâtre a été entièrement rénové. La nouvelle petite salle, la « Célestine » a été percée, sous la scène de la grande salle. Lors du percement, deux squelettes de moines Célestins ont été découverts ! Ils ont été rangés dans une petite boite, et ré-enterrés juste à côté.

Une prophétie de Nostradamus se serait vraiment réalisée !
Quand robe rouge aura passé fenêtre,
Fort malingreux, mais non pas de la toux ;
A quarante onces on tranchera la tête ;
Et de trop prés le suivera de Thou.
Cette prophétie se serait réalisée presque un siècle après la mort de Nostradamus (1566), le 12 septembre 1642, lorsque l’on exécuta Henri de Cinq-Mars (prononcer sin-mar) et François-Auguste Thou sur la place des terreaux, là où avaient habituellement lieu les exécutions capitales. Ils avaient comploté pour essayer d’assassiner le Cardinal de Richelieu (en robe rouge) qui était à Lyon à ce moment, bien malade. Il se faisait porter dans un lit, et ne pouvant pas entrer par la porte, on l’avait fait entrer par la fenêtre…

Cependant, il semblerait que cette prophétie ait seulement été retrouvée dans une édition du livre de Nostradamus datant de la fin du 17e siècle…

Dans la rue de Thou vous trouverez une traboule comportant un merveilleux escalier à la française du 18e siècle. C’est au bout de la rue (c’est une impasse), la grande porte blanche à droite. On y entre grace au bouton du bas du digicode. Vous pouvez ressortir par la petite rue des feuillants.

escalier des feuillants

Rendre à César ce qui appartient à César : On entend souvent raconter l’histoire du méchant Louis Pradel, alias « Zizi Béton » (c’était vraiment son surnom) qui aurait souhaité démolir tout le quartier du Vieux-Lyon pour en faire un quartier moderne de béton. C’est vrai que ça aurait été dommage… Mais ce n’était pas son idée ! C’était l’idée de Édouard Herriot, et Louis Pradel n’avait fait que reprendre le dossier après la mort de Herriot…

À ce propos, avez-vous déjà vu le tracé de l’autoroute qui devait traverser le vieux-Lyon ? Cette voie rapide devait relier le Pont Maréchal Juin et la montée du Chemin neuf. Une petite idée de tous les immeubles de la renaissance avec leurs sculptures, leurs petits joyaux intérieurs, leurs petites traboules qui auraient disparu…

visit traboules

Ce pont Maréchal Juin avait été construit pour remplacer le Pont du Change qui passait sur la Saône et qui reliait l’église Saint-Nizier et la place du Change. Ce pont était tout à fait unique car des habitations avaient été construites au dessus (dans lesquelles vivaient surtout des orfèvres), ce qui lui donnait un petit air de « ponte vecchio » de Florence… Il fut démoli en 1842 et ressemblait à ça :

pont du change

Enfin, une petite histoire sur la Part-Dieu. On entend dire parfois que ce quartier tient son nom d’un don que Madame de Servient aurait fait aux malades de l’Hôtel-Dieu pour se faire pardonner du terrible accident qu’elle aurait causé sur le Pont de la Guillotière en 1711. Elle avait bel et bien légué ses terres de la Part-Dieu mais probablement pas pour les raisons que l’on imagine. En réalité, Madame de Servient ne s’intéressait que très moyennement aux malades de l’Hôtel-Dieu. Elle voulait tout simplement faire en sorte que la famille de son mari avec qui elle s’entendait très mal n’hérite de rien du tout de sa part… Il fallait donc bien donner ses terres à quelqu’un d’autre !
D’où vient ce nom de Part-Dieu alors ? Sans doute du fait qu’au moyen-âge, les crues du Rhône rendaient toute exploitation des terrains impossible, sauf une petite colline qui gardait naturellement les terres hors de l’eau… On l’aurait alors vu comme un don de Dieu, et dès le moyen-âge, des textes évoquent le domaine de la « Par Deu ».

Et la statue de Louis XIV sur la place Bellecour, vous en dites quoi vous ? Le sculpteur guillotiné ? Suicidé ? Info ou intox ? 🙂

Comments

RAPINI Jean-Louis
juillet 16, 2014
Bonsoir, Merci pour ce site, je viens de lire un bouquin polar historique ( La part de l'aube d'Eric Marchal) qui parle entre autre du pont du change qui avait un autre nom à l'époque ( 1777) Un livre passionnant sur entre autre l'histoire des gaulois à l'époque romaine. Bonnes recherches Jean-Louis
Clémence
juillet 16, 2014
Merci pour les références Jean-Louis !
juillet 16, 2014
Je parlais récemment avec un américain qui me demandait d'où venait le nom de Part-Dieu, et j'ai été bien embêtée de lui répondre, mais je m'empresse de lui faire un mail avec ton lien ^^ ! Merci pour ces anecdotes !
Clémence
juillet 16, 2014
Parfait. C'est justement à ça que servent ces articles ! :)
Florale
juillet 30, 2014
Intox pour la statue de Louis XIV :-p Pas de guillotine ni de suicide car Louis XIV est tout simplement représenté chevauchant "à la romaine" donc sans étriers... ça fait partie des légendes urbaines persistantes LOL
Clémence
juillet 30, 2014
Exactement ! Et on a même appris que le sculpteur avait été décoré de la légion d'honneur pour son travail ! :) Comme quoi, tout l'opposé de ce que l'on raconte...
Amandine
février 17, 2015
Il semblerait que la rumeur ait été lancée par l'Institut des Sciences Clavologiques!
Clémence
février 17, 2015
Alors ça, ça ne m'étonnerait pas d'eux ! :)
Florale
juillet 30, 2014
Autres anecdotes... - Le métro A ne passe pas sous le Rhône, mais dans le tablier du Pont Morand. - Le « bateau-mouche » que l’on trouve à Paris, est Lyonnais… Il a été créé dans les ateliers du quartier de la Mouche, près de Gerland, d’où son nom… - La tour métallique de Fourvière est le monument qui marque le point culminant de Lyon. Elle est inspirée du 3è étage de la Tour Eiffel. A l’origine elle était ouverte au public et abritait un restaurant ainsi qu’un point de vue panoramique de la ville. Depuis 1975 elle fait fonction d’antenne de télévision et de radio. - La papillotte a été créée à Lyon au XVIIIè siécle. Elle doit son origine à une histoire d’amour qui s ‘est déroulée à Lyon dans les années 1790. A cette époque, le sieur Papillot, confiseur de son état, tenait boutique rue du Bât d’Argent dans le quartier des Terreaux. Cet homme de biens, que le sucre et les produits dérivés avaient enrichi, employait un jeune homme qui s’était épris d’une jeune et belle fille. En bon commerçant, le sieur Papillot constata la disparition suspecte de ses chocolats. Il surprit en flagrant délit son jeune apprenti subtilisant quelques douceurs dans le stock patronal pour les envelopper de billets doux et messages enflammés de sa composition qu’il glissait à sa belle pour gagner ses faveurs. Après avoir renvoyé le joli cœur, Papillot conserva l’idée en remplaçant les déclarations d’amour par des histoires drôles et des rébus. La papillotte était née et sa commercialisation avec. Il faudra néanmoins attendre les années 1898 et la création de l’entreprise Révillon, pour que la friandise prenne l’ascension commerciale qu’on lui connaît. - Le premier funiculaire du monde fut inauguré à Lyon le 1er juin 1862.
Clémence
juillet 30, 2014
Bravo et merci pour ces ajouts précieux :)
Tani Guy
juillet 29, 2017
Concernant la Place Bellecourt et sa statue. Les 1er avril il etait d'usage chez les telegraphistes - à l'epoque ont porté les telégrammes à domicile - d'envoyer le plus jeune d'entre eux porter un telegramme à Monsieur Louis , 14 Place Bellecour. Ce dernier ne trouvant pas de n° 14, et pour cause, il n'y en a pas, faisait le tour de tous les concierges de la Place qui se le renvoyés laissant le pauvre telegraphiste avec son telegramme en main et cherchant desesperemant ce Monsieur Louis, jusqu'à une ame charitable - enfin apres deux ou trois passage - l'envoie sous la statue tronant sur la Place .....

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